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Avant Facebook

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Aujourd’hui, l’un de mes frères geeks (oui, mes frères sont ultra geeks, en même temps c’est un peu leur métier), m’a rappelé un email qu’il m’avait envoyé le 11 août 2007. Dans lequel il me disait qu’il fallait que je m’inscrive à un truc nommé “Facebook”, qui selon lui allait être la bombe social-web des 5 prochaines années.

Deux ans et demi plus tard, je regarde avec un certain attendrissement ma réponse à son mail : “C’est quoi ? C’est que pour les étudiants ?”. Je ne savais pas encore combien cette invention étrange changerait ma vie tant personnelle que professionnelle. J’utilise tellement Facebook aujourd’hui que très sincèrement, il m’est devenu aussi difficile de me souvenir de ma vie sans, que de ma vie sans téléphone portable ou email. Ou applis iPhone.

Bien entendu, comme tous les trucs à manipuler avec doigté, Facebook se fait savater. Il y a ceux qui ne s’y sont jamais inscrits (et l’affichent avec une fierté rappelant celle des gens qui n’ont jamais fumé), il y a ceux qui ont “arrêté” (…), ceux qui ricanent et disent que nul (mais y vont tous les jours), ceux qui hurlent (”C’est malsain !”) … Il y a ceux qui s’en foutent, aussi, mais tant mieux pour eux, et ils n’embêtent personne. Ceux qui m’ennuient, ce sont ceux qui disent que “Facebook, c’est mal”.

Fatiguée de ces calomnies infondées, telle Mary McDonnell dans Dances With Wolves, je me dresse avec le poing et défends ardemment cet abominable réseau social addictif, arguments à l’appui.

Avant Facebook, j’oubliais plein d’anniversaires de gens que j’aimais et ça les vexait (je suis nulle en dates).
Avant Facebook, quand je me faisais voler un téléphone portable, je galérais pour en retrouver un de rechange (maintenant, un petit status et hop, trois minutes plus tard on m’en propose douze). Ca marche aussi pour les recherches d’appart, de stagiaires, de Dj, de divx, de contacts à l’étranger, d’amour, etc.
Avant Facebook, quand on rencontrait quelqu’un (un mec sublime, une fille sympa, un contact pro), il fallait immédiatement dégainer son numéro de téléphone, qu’on n’a pas toujours envie de donner. Maintenant, on demande son prénom et on le cherche dans la liste de l’ami qu’on a en commun. Point.
Avant Facebook, quand on voulait garder le contact avec des potes qu’on ne voit pas souvent, il fallait téléphoner. Je ne suis pas très téléphone.
Avant Facebook, quand on ne voulait pas garder le contact avec quelqu’un, on ne pouvait pas lui faire savoir. Maintenant, on le supprime de ses amis, et il le sait.
Avant Facebook, quand on voulait interviewer un people, on passait par son agent ou sa maison d’édition et c’était chiant (maintenant, on lui envoie un petit message Facebook et hop, il nous cale un rdv pour dans trois jours).
Avant Facebook, pour les soirées, on faisait des flyers. Merde, quoi, des flyers.
Avant Facebook, on ne pouvait pas sélectionner les photos qu’on voulait montrer et celles qu’on voulait cacher. Maintenant, on peut se détagger. Et on peut tagger, aussi.
Avant Facebook, on ne savait pas que Truc était un pote de Machin. Ca alors, le monde est petit.
Avant Facebook, on ne pouvait plus créer des clubs à noms débiles passée l’école primaire. Maintenant, il y a les “groupes”.
Avant Facebook, pour rencontrer des gens sur le web, il y avait Meetic. … Seriously, Meetic ?
Avant Facebook, pour chatter avec ses potes, il y avait MSN. … Seriously, MSN ?
Avant Facebook, pour faire une pause au boulot, on était bien emmerdés.

Je pourrais faire une liste de douze pages, mais je vais terminer sur l’essentiel. Le coeur même de la bête, saignant et palpitant.
Avant Facebook, quand on trouvait un garçon à son goût, on pouvait fantasmer pendant des semaines avant d’apprendre après enquête qu’il était maqué, ou marié, ou né en 1987, ou fan d’Arthur, ou adepte du langage SMS-LOL-KIKOO, ou inscrit au groupe “Fier de mon identité nationale”. Maintenant, plus de fantasme inutile : un petit tour sur sa page, et on se calme direct.
Avant Facebook, après une séparation, on ne pouvait apprendre des choses sur son ex qu’en interrogeant les amis communs. On ne pouvait pas savoir quelle gueule avait sa nouvelle copine. On ne pouvait pas non plus apprendre que John jouait de la guitare, que Cindy avait eu un enfant (à ce propos : les photos de profil avec enfant, il faut que cela cesse), que Roger n’avait pas d’humour (il ne capte pas le 3e degré dans les status), ou que Jessica était une super slut (cf. la photo d’elle en string). Maintenant, on peut espionner comme des enfoirés sans que personne ne le sache, et comprendre plein de choses sur son entourage.

En résumé, Facebook, c’est comme un magazine vivant parlant des gens qu’on aime (ou qu’on déteste, ça marche aussi). Où il suffit de SAVOIR GÉRER ses infos (= les photos de vos gamins, votre numéro de téléphone ou les informations de votre vie intime n’ont strictement rien à y foutre, en effet. Et votre patron dans votre liste d’amis, non plus).

Certains disent malgré tout ça que Facebook est borderline.
Ca tombe bien, puisque souvent, ce qui est bordeline est bon
(…).
Sur ce, je vais poster cet article sur SayWho, puis le partager sur Facebook. Puisque “If it ain’t on Facebook, it ain’t official”.
“Lol”.

martine-facebook

Sunday 14.02.2010

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