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IZIA, la bombe humaine

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Nom de dieu, je me suis faite avoir comme un raton-laveur. Et c’est bien fait pour moi.

De quoi parlé-je ? D’Izïa.
Cette gonzesse ultra rock, sexy et chevelue étant la fille d’Higelin, la demi-soeur d’Arthur H et surtout la coqueluche de la critique depuis quelques temps, je m’en méfiais outrageusement. Pourtant, je suis fanatique de son frère, et en plus, elle a longtemps joué avec Vincent, du groupe Gush, des gens très bien que je connais et porte également aux nues. Mais que voulez-vous : une gonzesse qui se pose comme la révélation du Printemps de Bourges à 16 ans, et fait la première partie d’Iggy Pop à 17, pardon, mais moi, j’achète pas. Je vois tout de suite le piston, la fille de, la soeur de, l’arnaque médiatique. Même en écoutant ses titres (son album est sorti il y a quelques mois), je tentais de résister, de me dire que c’était méga arrangé, que non, elle n’a peut-être pas composé, et que oui, cette voix qui sort des cavernes d’un ciel orageux, c’est forcément super travaillé par les machines. Même en la voyant sur scène avec Arthur reprendre “La nuit je mens” de Bashung, à en être émue aux larmes, je me dis que non, c’est à cause de la chanson, du chanteur culte mort, tout ça, elle n’a rien de si spécial après tout.
Bon, ben je me suis plantée comme une bécasse. C’est pas grave, ça arrive à tout le monde. Le tout est de reconnaître ses erreurs.
Ce soir, je l’ai vue au Bataclan. Dès la première chanson (Life is going down, je crois, composée à 14 ans, tranquille), j’ai été attrapée par cette fille en fourrure et crinière, dont la voix est un putain de serpent venimeux. Après vous avoir séduits avec ses roucoulades, bim, elle envoie la sauce, se désape, crie, bouge, cogne, saute, hurle, feule, s’énerve, s’amuse, se couche, se tord, secoue ses cheveux, smiles, part dans les hauteurs et là, d’un coup, vous avez sous les yeux la fille illégitime de Janis Joplin, Diana Ross et un gros rockeur qui tache, genre Johnny Rotten (en imaginant qu’elle soit issue d’un plan à trois).
Pourquoi cet étonnant mélange ? Parce qu’en plus d’une voix à faire tomber les anges en enfer (ces petits salopards), en plus d’une fièvre musicale complètement dingo, la gamine fait des blagues drôles, improvise, chante un blues amoureux, sourit comme une petite fille, heureuse de voir son public heureux … Mais n’hésite pas non plus, la seconde d’après, à encourager ce même public à se lâcher, se rouler des pelles, laisser l’orgasme monter, se vautrer dans la sueur du sexe, elle n’hésite pas à crier, à gémir, à foutre le fire, ni à composer une chanson destinée aux connards et autres salopes en leur disant d’aller se faire enculer. Et bizarrement, ça ne sonne ni facile, ni déjà vu, ni faux, ni je-suis-une-ado-et-je-vous-emmerde-d’abord. Loin d’avoir envie de soupirer devant une fausse rébellion, on se retrouve à penser à tous les connards qu’on a croisés dans notre vie, à s’énerver, ou à avoir envie de baiser comme elle nous y encourage. Soit. Résumons. Elle a à peine 19 ans, et fait de nous ce qu’elle veut. Exquis, non ?
Côté chansons, j’ai une grosse préférence pour Burning, Life is going down, Take me back et Let me alone.
Et côté scène, vous avez du bol, elle repasse demain (mardi 13, donc). Débrouillez-vous pour choper une place, et racontez-moi donc vos impressions.
Sur ce, moi, je vais essayer de me calmer, et de ne pas aller faire n’importe quoi n’importe où. Vous voyez le truc. Cette espèce d’ambiance qui nous prend tous par les reins après un bon concert. Je ferais mieux d’aller me coucher.
Bonne nuit les rockeux.
Et pour écouter la petite, c’est ici :http://www.myspace.com/iziamusic

Photo : julien mignot


Tuesday 13.10.2009

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