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Le nouveau Saywho et la Conserverie

Attention, ce post va parler de Say Who, et donc faire de l’auto-promo. Tant que j’y suis, je pourrais nommer mon fils à la présidence de l’Epad. Cependant, comme vous êtes poètes et intelligents, vous y verrez plutôt une mise en abyme. Merci.


Hier soir, comme vous ne pouvez pas l’ignorer (si oui, c’est mal, allez rougir dans un coin immédiatement), c’était la soirée de lancement de Say Who.

Vous allez me dire, réveille-toi petite, Say Who est né il y a des mois. Oui mais non : Say Who a changé, Say Who a grandi, Say Who a mûri. Carrément.

Souhaitant donner aux mots la même ampleur que les photos, le site de la night a désormais, en plus de ses sublimes shootings et de ses cultissimes blogs (… comment ça, “pas cultissimes” ??!), une partie magazine. Dans la rubrique “En ce moment”, vous pouvez en effet découvrir avec délectation des interviews de personnages bien choisis (”La Personnalité”, avec Jérôme Sans actuellement), une tendance de société (comme les “Marie couche-toi-tôt”), une playlist pointue (comme celle de Gildas des Kitsuné), une phrase mythique entendue quelque part, un it-look … Bref, désormais, il faudra compter sur DisQui.fr non seulement comme une fenêtre visuelle de choix sur les plus belles nuits parisiennes, mais aussi comme un décrypteur de tendances affûté et bien garni. La faute à Florence Valencourt, rédactrice en chef du site (que vous connaissez probablement chez Jalouse). Petit à petit Saywho fait son nid, et personnellement, j’ai beau travailler pour la presse papier, j’aime quand un webzine trendy sait quand et comment créer son propre territoire. Ca, pour Say Who, c’est fait, ou plutôt en train de se faire (je les soupçonne en effet d’avoir d’autres idées dans leur musette, et les surveille donc discrètement).

Mais l’intérêt de la soirée d’hier, outre se rencontrer enfin entre photographes et bloggeurs de notre site chéri, ou boire des coups à l’oeil de nos “patrons”, ou encore croiser le tout Paris qui chaque matin se connecte avidement pour voir sa divine face shootée la veille à la-soirée-inratable-de-la-semaine, c’était également de découvrir un tout nouveau lieu.
En effet, notre petite sauterie 2.0 avait lieu à la Conserverie. Déco soignée et über classe, ambiance cosy et espaces bien roulés, ce bar prometteur s’est installé il y a peu dans la rue du Sentier avec une seule envie : offrir une sorte de salon peinard où manger sans réserver jusqu’à tard, entre potes, sans se faire gronder par la cuisine ou refouler par le physio (il n’y en a pas). Eric, le fondateur, en avait marre des bars-restos aussi accueillants qu’une porte de taule rouillée, et a lancé son bébé sous le signe de l’hospitalité, de la boustifaille délicieuse mais simples (bonnes charcuteries et conserves de haut vol, d’où le nom) et bien sûr, de la boisson de qualité en rafale, le tout dans un univers bleuté et bien léché. Prometteur,  et donc à suivre.
Sinon, et ça n’a rien à voir, “This is it”, le docu sur Michael Jackson actuellement en salles est véritablement une tuerie et je vous le conseille furieusement. Vous allez sourire, vous allez crier, vous allez danser (oui, sur votre siège, pas facile mais challengeant), et sortir de la projection avec une énergie démesurée.

Bonne journée les amis, en moonwalk ou en conserve.

Thursday 29.10.2009

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Faut-il être un sagouin pour être Branché ?

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J’aimerais vous faire part de mon indignation, et de ma lassitude. Je vous préviens, dans ce post, je vous paraîtrai à la fois naïve et turbo-vénère. Peu importe, je sais que vous comprendrez quand même.
Une question épineuse me taraude en effet, et je serais heureuse d’avoir votre avis.
Après étude constante et nourrie dans tous les lieux de Paris, je suis hélas tristement arrivée à une bien sombre conclusion : certains Branchés sont très impolis, et fiers de l’être. Voilà, c’est dit. Et (bien plus grave), s’ils le sont, est-ce parce que Papa et Maman les ont mal élevés, ou parce qu’être impoli, c’est marquer son rang, et donc être stylé … ? Voilà tout le drame de mes interrogations.
Avant d’aller plus loin, je précise que les Branchés dont je parle ici sont soit célèbres, soit inconnus, mais grave dans le move de la hype, de la nuit, du staïle. Ils ne sont pas forcément dans Voici, même plutôt pas. Vous voyez ce que je veux dire.
Premier exemple. Je croisais ce pseudo-people assez régulièrement aux soirées-où-tout-le-monde-va. Un jour, une cops me le présente. L’interrompant comme un malotru, il pose sa main poisseuse sur mon bras, penche son haleine fétide sur mon nez délicat et crache, tout en louchant vers un célèbre comédien assis non loin de là : “Ouais alors ma chérie, t’es mignonne mais là j’ai pas le temps”, pour ensuite filer tel une anguille imbibée vers de plus prestigieux contacts. Bon, pourquoi pas. Quand je suis bourrée, je suis assez bizarre aussi, après tout. Le temps passe. Je commence à signer des papiers dans la presse. Puis, je commence à devenir copine avec des gens de la nuit. Puis, j’enchaîne les interviews, les soirées sympatoches, on me demande même - consécration ultime - de tenir un blog sur Saywho (ouais je sais, c’est la classe). Et bien là, vous me croirez si vous voulez, miracle : sûrement appâté par l’idée d’un papier à sa gloire, le fameux goujat devient tout miel avec moi, cherche ma compagnie, m’abreuve de compliments et de verres dès que je pose un orteil au Baron ou un talon aiguille à un vernissage (il est partout à la fois). C’est moi, ou bien c’est agaçant … ?
Deuxième exemple. Un jour, une journaliste un peu hype me friend-request sur Facebook. Nous avons environ 400 milliards d’amis en commun, la même profession, le même âge, le même style, nous venons toutes deux de publier un petit texte dans une revue ultra trendy, bref, je trouve ça logique et cool. Bien évidemment, elle n’ajoute pas de petit mot d’introduction à sa requête - ça me hérisse, je suis ultra old school et ajoute toujours un petit mot à mes requests, mais passons. J’accepte, et lui envoie un message pour nouer le dialogue. Elle ne répond pas. Bon, pas grave, elle a le droit d’avoir autre chose à foutre, après tout. Parcourant son blog, je ne trouve pas l’icône pour l’ajouter à mes flux RSS, et lui renvoie un mot pour savoir si cette icône existe. Elle répond : “Nan je crois pas. Comment on fait?” (dieu soit loué, elle est donc vivante !). Je lui explique la procédure (c’est un peu relou, mais je suis trop bonne trop conne). Elle n’a jamais répondu. Mais a ajouté la fameuse icône à son blog grâce à mes explications. Un “merci” (5 maigres lettres et un clic, donc) m’aurait fait du bien au postérieur, pourtant. Mais je suis insupportable de vieille-Francerie, je l’avoue.
Allez, un dernier exemple et après on n’en parle plus. Une de mes copines avait interviewé au tout début de sa carrière un chanteur aujourd’hui très célèbre, et plus-branchouille-tu-meurs. Elle en sort enchantée : intéressant, intelligent, sensible, le garçon est également très gentil. Deux ans plus tard, elle le ré-interviewe … et en sort dépitée. Prétentieux, distant et capricieux, le garçon est devenu une plaie. Moi-même, j’ai échangé trois mots avec lui dans d’autres circonstances, et en suis sortie avec l’envie de lui taillader les yeux avec mes dents de devant.
La question n’est pas de savoir si le succès, la célébrité ou la hype transforme les agneaux en hyènes, ni de savoir si c’est la faute de leurs parents. Parce que des branchés - célèbres ou non - gentils, bien élevés et pros (voire accessibles malgré leur agenda surchargé), j’en connais des pelletées, et non, n’insistez pas, je ne citerai ni Arthur H, ni Jean-Charles de Castelbajac, ni Mathieu Chedid, Nicolas Ullmann, ni Rasmus Michau (rhô zut, j’ai pas le droit ici), ni Lionel Bensemoun, ni Edouard Baer, parce que ça pourrait les gêner, tant de compliments.
La question ultime, est plutôt de savoir si les gens malpolis méritent leur statut de brancherie. Si, surtout, il faut être un mufle pour prouver sa cote.
Moi, je vote contre. Je trouve même qu’un mec branchouille à crever qui sait sourire, dire bonjour ou tenir une porte, ça souligne sa classe exceptionnelle, et donc, le place au-dessus des autres. Mais bon.
Et quant à ceux que je déchire plus haut, n’insistez pas non plus, pour le coup, je ne vous dirai jamais qui c’est.
Car moi, à défaut d’être célèbre ou branchée, je suis très bien élevée. Bordel de merde.
Sur ce, bonne soirée.
PS qui n’a rien à voir : sur Brain Mag, ils font un truc mythique, “Parlez-vous le Branchet ?”, compilant les mots favoris du “héros moderne pour qui il est branché d’être un déchet“. Perso, ça me fait beaucoup rire, et vous pouvez aller le lire immédiatement en cliquant ici.
(Illustration : Couverture de “ Savoir-vivre et bonnes manières”, de Yann et Nicole Caudal, éd. du Chêne.)

Friday 23.10.2009

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Scopitone, club de rock

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Déco toute de noir vêtue, scène imbriquée dans un mur d’enceintes, coins et recoins propices à la discussion : derrière le jeune Scopitone, aucune trace de feu le Paris Paris. Destiné à être LE club de rock à Paris, le nouveau bébé d’Elegangz est prometteur. Et ce n’est pas son parrain de coeur, dont le portrait trône on stage, qui vous dira le contraire - j’ai nommé Beethoven, maître de sublime musique au tempérament rock devant l’Eternel.

L’un des papas du Scopitone, le producteur de spectacles Emmanuel Cornubet (avec son partner à la D.A Joachim Roncin), le définit comme “avant tout une salle de concert, dans le pur esprit des clubs new-yorkais : un sous-sol, des premiers rangs à 3 centimètres des musiciens, un son énorme.” Yummy.

Certes, le lieu tient sa promesse côté son : à l’aide d’un sound systeme d’une qualité sans précédent (comme quoi, oui, c’est possible à Paris), le lieu accueillera deux à trois concerts par soirée, sous la programmation de la Blogothèque (www.blogotheque.net) - vous savez, ce singulier blog collectif de la musique indépendante, les petits malins des “concerts à emporter”. Nous ne sommes donc pas dans un énième club au sens de boîte de nuit, mais bien dans un “club de rock”, comme on dit un club de jazz. Spécialisé en rock indé. L’idée, c’est de proposer un son qui tape fort, des groupes qui envoient, une ambiance intime qui feule et qui transpire, le tout dans un lieu joli et classy. Pour vivre la musique en pleine gueule, mais avec élégance.

Ensuite, l’endroit ne sera pas un autre Gibus ou Truskel (ou, même si je l’aimais d’amour, une autre Flèche d’Or) pour une raison délicieuse : ici, pas de bière tiède au prix incertain, ni de cacahuètes à provenance indéterminée. Les fins gourmets pourront grignoter de la charcuterie de chez Verot, des fromages du même niveau, une carte de vrais bons vins, et une ribambelle de cocktails composée par Greg himself, le “Drink designer” de l’Ultimate Bar (www.ultimatebar.fr), ce concept improbable de cocktails chics à domicile. Soit, si on résume, une carte de produits gourmands, simples, mais haut de gammes - module plutôt rare dans les clubs parisiens. Détail qui compte, on nous promet que ça ne nous flinguera même pas le porte-monnaie (8€ l’assiette).

Enfin, pour achever de se positionner autrement, le Scopitone propose des horaires originaux : ouvrant dès 19h, avec des concerts commençant avant 21h, il s’annonce comme l’afterwork qu’on attendait (du moins, pour tous ceux qui avaient testé les effarants afterworks de célibataires qui sévissent de temps en temps dans la capitale, avec infect buffet gratuit et Djs des années 90). On y va tôt, on grignote, on papote, on picole, on danse, on s’oublie, et quand la nuit nous accueille dehors avec la tête qui tourne, après des heures de fête, surprise, miracle, il n’est qu’une heure du matin.

Hier, pour le baptême du lieu, ce sont Plants & Animals et Roken Is Dodelijk qui ont ouvert le bal. Plutôt joliment.

En résumé, c’était bien, mais on attend impatiemment la suite, en espérant qu’elle garde la tête haute. Attention les gars, pas d’erreur, Ludwig vous regarde …

Scopitone

Ouvert de 19h à 2h

5 avenue de l’opéra 75001

www.scopitoneclub.com

Prix des concerts env. 15/18€


Tuesday 20.10.2009

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Nos écrivains branchés ont-ils (trop) mûri ?

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Il faut que je vous parle d’un truc terrible. Je m’inquiète un peu pour Paris. Ses fêtes, ses personnages trendy, ses folies. Plus précisément, ceux qui en parlent dans des livres.

Récemment, nos amis les écrivains fous, les hypeux, les plumes noctambules au nez rougi, semblent s’être furieusement fragilisés. Au point d’avoir besoin de se calmer. Plus clairement, de lâcher leurs personnages tarés, leurs alter-egos dingos, ceux qui ont fait leur succès, pour passer dans le confessionnal. A poil, sans vernis, sans déguisement, ils se livrent, se couchent en rond, se donnent à nous pour qu’on caresse doucement leurs cheveux.

Flippant.
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Pourquoi cette impression ? Parce qu’en l’espace de quelques mois, trois auteurs phares du mouvement nous ont livré des oeuvres mea-culpesques, posées, dignes d’adultes mûrs, et surtout transparentes ou presque. Tout a commencé cet été, au mois d’août, autant dire en douce - quand tout le monde avait la tête au soleil.
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Frédéric Beigbeder a ouvert le bal avec son “Roman français”* : finis les alter-egos au pif enfariné, finis les extrêmes sex, drug and rock’n roll, l’enfant chéri des nuits parisiennes, de la pub et de Voici nous parlait de lui, de son enfance, de ses conneries, pour réfléchir au sens de la vie et passer du cynisme à la sensibilité maximale. Ou comment un rail de trop devant le Baron peut vous conduire dans les cachots parisiens, pour finir en introspection carabinée. Intéressant. Ce changement de ton est d’ailleurs la raison qu’il a invoquée pour refuser d’écrire la préface de mon livre à venir (un bouquin sur les Parisiens, je vous en reparlerai), et qu’il m’a expliquée gentiment une nuit de septembre au Montana : “Il y a dix ans, j’aurais dit oui. Aujourd’hui je suis passé à autre chose. Désolé”. Bon. Si c’est une excuse, elle a le mérite d’être crédible et bien tournée.
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Thomas Lélu a confirmé la tendance avec son “Parisien”**. Monsieur “Je m’appelle Jeanne Mass”, l’homme du n’importe quoi culotté, notre petit génie du “Manuel de la photo ratée”, a lui aussi changé de style. C’est bien, d’évoluer. Tout comme pour le Beigbeder, j’ai aimé ce livre où Thomas Lélu parle de sa relation impossible avec sa chérie, mais aussi et surtout de sa vie de hipster parigot, l’Usine, les clubs, Facebook, le tout assaisonné de name-dropping (ou plutôt prénom-dropping) en veux tu en voilà. Et même si ce journal intime ultra brut est - encore - un pied de nez (Lélu aime les pieds de nez et cherche toujours une nouvelle façon de se moquer de nous), il reste au fond pétri de vérité, autobiographique, cru et réel. Bizarre, donc.
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Mon troisième exemple, je ne peux pas beaucoup en parler parce qu’il sort en janvier. Mais je l’ai lu hier soir, et il confirme la tendance. Ca s’appelle “Vitamines”*** et c’est signé Nicolas Rey. Oui, vous vous souvenez, Nicolas Rey, “Mémoire courte”, “13 minutes”, “Courir à 30 ans”, tout ça. Lui aussi était un bon fou furieux, nous parlant cul, drogue, vie de jeune chien fou parisien, insupportablement contemporain, beigbedien à en être écoeuré, mais, il faut bien le dire, attachant, talentueux et joliment stylé. Et bien vous verrez, ce nouveau roman (après 5 ans d’absence) est là encore très autobiographique, plutôt mûr, assez différent de ses récits précédents. Il y a même un bébé et une rehab dedans. Je vous dis ce que j’ai le droit de dire, autrement dit le mot de l’éditeur : “Ce nouveau roman est le plus personnel et le plus intime des livres de Nicolas Rey qui se raconte ici pour la première fois, avec une sincérité qui émeut, sans aucun fard.” Sérieux, ils se sont tous donnés le mot ou quoi ?!
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Voilà pourquoi je m’interroge. En fait, ces trois romans sont bons, et heureusement que les gens évoluent, les écrivains encore plus que les autres. Je ne conteste pas le fait que la fête et les excès, ça va bien un peu. L’immobilisme et la répétition sont les ennemis de la créativité, et un artiste, quel qu’il soit, se doit bien sûr de grandir et muer. Je ne leur reproche rien. je ne fais que constater un petit courant dans la littérature branchaga française, qui, au fond soulève une sale question tout au fond de moi. Si nos écrivains branchés ont pris de la bouteille, cela signifie-t-il que nous-mêmes, lecteurs, aurions vieilli … ?
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Heureusement que des exemples me rappellent que la fête n’est pas finie. Lundi, feu le Paris Paris renaîtra enfin de ses cendres sous le nom de Scopitone (avec Elegangz). Mardi dernier, Rasmus a lancé au Cercle sa marque de tequila (Blitz). Bientôt, le NY Club (qui n’est plus sous la houlette d’Elegangz) va également être relancé - par des amis à moi, des gens très très bien - sous une forme ultra festive. Bref, soyons rassurés : contrairement à ce que chantait la Mano Negra il y a pile 20 ans, , Paris ne va pas crever d’ennui, et on lui rend constamment ses nuits blanches. A la jeune génération d’écrivains branchagos de nous le raconter. (à ce propos qui n’a rien à voir, avez-vous lu Sacha Sperling ?)

* Grasset, 18 €
** Flammarion, 18 €
*** Diable Vauvert, 17€ (parution le 5 janvier)

Saturday 17.10.2009

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IZIA, la bombe humaine

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Nom de dieu, je me suis faite avoir comme un raton-laveur. Et c’est bien fait pour moi.

De quoi parlé-je ? D’Izïa.
Cette gonzesse ultra rock, sexy et chevelue étant la fille d’Higelin, la demi-soeur d’Arthur H et surtout la coqueluche de la critique depuis quelques temps, je m’en méfiais outrageusement. Pourtant, je suis fanatique de son frère, et en plus, elle a longtemps joué avec Vincent, du groupe Gush, des gens très bien que je connais et porte également aux nues. Mais que voulez-vous : une gonzesse qui se pose comme la révélation du Printemps de Bourges à 16 ans, et fait la première partie d’Iggy Pop à 17, pardon, mais moi, j’achète pas. Je vois tout de suite le piston, la fille de, la soeur de, l’arnaque médiatique. Même en écoutant ses titres (son album est sorti il y a quelques mois), je tentais de résister, de me dire que c’était méga arrangé, que non, elle n’a peut-être pas composé, et que oui, cette voix qui sort des cavernes d’un ciel orageux, c’est forcément super travaillé par les machines. Même en la voyant sur scène avec Arthur reprendre “La nuit je mens” de Bashung, à en être émue aux larmes, je me dis que non, c’est à cause de la chanson, du chanteur culte mort, tout ça, elle n’a rien de si spécial après tout.
Bon, ben je me suis plantée comme une bécasse. C’est pas grave, ça arrive à tout le monde. Le tout est de reconnaître ses erreurs.
Ce soir, je l’ai vue au Bataclan. Dès la première chanson (Life is going down, je crois, composée à 14 ans, tranquille), j’ai été attrapée par cette fille en fourrure et crinière, dont la voix est un putain de serpent venimeux. Après vous avoir séduits avec ses roucoulades, bim, elle envoie la sauce, se désape, crie, bouge, cogne, saute, hurle, feule, s’énerve, s’amuse, se couche, se tord, secoue ses cheveux, smiles, part dans les hauteurs et là, d’un coup, vous avez sous les yeux la fille illégitime de Janis Joplin, Diana Ross et un gros rockeur qui tache, genre Johnny Rotten (en imaginant qu’elle soit issue d’un plan à trois).
Pourquoi cet étonnant mélange ? Parce qu’en plus d’une voix à faire tomber les anges en enfer (ces petits salopards), en plus d’une fièvre musicale complètement dingo, la gamine fait des blagues drôles, improvise, chante un blues amoureux, sourit comme une petite fille, heureuse de voir son public heureux … Mais n’hésite pas non plus, la seconde d’après, à encourager ce même public à se lâcher, se rouler des pelles, laisser l’orgasme monter, se vautrer dans la sueur du sexe, elle n’hésite pas à crier, à gémir, à foutre le fire, ni à composer une chanson destinée aux connards et autres salopes en leur disant d’aller se faire enculer. Et bizarrement, ça ne sonne ni facile, ni déjà vu, ni faux, ni je-suis-une-ado-et-je-vous-emmerde-d’abord. Loin d’avoir envie de soupirer devant une fausse rébellion, on se retrouve à penser à tous les connards qu’on a croisés dans notre vie, à s’énerver, ou à avoir envie de baiser comme elle nous y encourage. Soit. Résumons. Elle a à peine 19 ans, et fait de nous ce qu’elle veut. Exquis, non ?
Côté chansons, j’ai une grosse préférence pour Burning, Life is going down, Take me back et Let me alone.
Et côté scène, vous avez du bol, elle repasse demain (mardi 13, donc). Débrouillez-vous pour choper une place, et racontez-moi donc vos impressions.
Sur ce, moi, je vais essayer de me calmer, et de ne pas aller faire n’importe quoi n’importe où. Vous voyez le truc. Cette espèce d’ambiance qui nous prend tous par les reins après un bon concert. Je ferais mieux d’aller me coucher.
Bonne nuit les rockeux.
Et pour écouter la petite, c’est ici :http://www.myspace.com/iziamusic

Photo : julien mignot


Tuesday 13.10.2009

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BURN, l’expo de Nicolas Ullmann à la galerie Chappe.

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En mars dernier, l’appartement de Nicolas Ullmann a brûlé.

Plutôt que de chouiner (bon, il a bien dû chouiner un peu, mais pas longtemps), cet être venu de l’espace s’est dit : “Hey, et si je demandais à des photographes de me shooter selon leur inspiration dans ce décor incroyable ? “.
Ni une ni deux, 20 shooteurs plus talentueux les uns que les autres sont arrivés, ont mitraillé Nicolas dans différentes tenues (ou tout nu) au milieu des décombres et des souvenirs calcinés. Et à la galerie Chappe, actuellement, vous pouvez voir le résultat, émaillé d’objets emblématiques (Nico étant un grand collectionneur et un amoureux du rock) abîmés par les flammes. Il y a même un joli slip jaune à moitié crâmé.
Mes clichés préférés : ceux de Mondino bien sûr, mais surtout Eddy Brière (une révélation pour moi), Jeff Manzetti ou Denis Rouvre. Vous verrez Nicolas nu, déguisé en Jimi Hendrix, sublimé en clown triste ou grattant sa guitare torse poil. Emouvant, drôle, sexy, et bizarrement très bien assorti à ce décor ravagé.
Hier, le vernissage a rassemblé une grande foule à la galerie Chappe. Branchaga, rockeuse, assez consanguine (tous les 30 cm, vous croisiez quelqu’un déjà croisé mille fois aux soirées de Nicolas). Malgré la pluie, la foule a squatté les pavés, des tentatives de concert ont été données (petits problèmes de son hélas) avec Yarol Poupaud, Yann Destal ou Brisa Roché, on a fait mumuse avec des extincteurs,  et l’ambiance battait son plein quand les murs de graff ont brûlé.
Quoiqu’il en soit, dépêchez-vous, l’expo n’est dans les murs que jusqu’au 21 octobre, et elle vaut vraiment le coup.

Fire walk with you !
© photo Eddy Brière

Galerie Chappe, 21 rue de Chappe, Paris 18e, m° Abesses ou Anvers

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Friday 09.10.2009

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BOOKSHION WEEK

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Dieu merci, la Fashion Week est finie. Etant personnellement à la mode ce que Ségolène Royal est à la D.A de site web, je n’ai assisté à aucun défilé, et, surtout, à aucune soirée spéciale modeux VIP. Je crois que ce n’est vraiment pas mon truc. Certes, je bosse pour un magazine dit “de mode”, mais en rubriques culture et  société, ceci expliquant cela. Bref.

En revanche, j’assiste de temps en temps aux soirées de lancement de livres. Parfois. Quand il y en a. Les soirées de lancement de livres, que vous ne connaissez peut-être pas, devraient selon moi être aussi fréquentes, courues et prisées que celles de la mode. Le mélange incertain de musique, alcool, littérateux, éditeurs, journalistes et quidams amoureux d’un auteur donnant généralement de très, très bons mélanges.

Hier, au NY Club, c’était le lancement de “The Rat Pack”, le dernier numéro de la revue Bordel. Cette revue, qui, en fait, est plutôt un livre - plus précisément un recueil des nouvelles inédites d’auteurs de qualité - est le bébé régulier de l’éditeur Stéphane Million*, qui l’a créé avec Frédéric Beigbeder (lequel continue à collaborer de temps en temps en y écrivant une nouvelle).
Et ce qui est cool avec Stéphane Million, c’est qu’il fait toujours des teufs pour lancer ses bouquins. Pourtant, il n’a pas des grands moyens (la preuve, son nom de famille a beau être “Million”, ce n’est pas non plus “Flammarion”). Mais il se débrouille. Et invite tout le monde sur Facebook. Généralement, les lieux sont sympas (Chacha, NY Club …), il y a de la musique live  (Jérôme Attal et Julien Ribot nous ont fait du bien), à boire (open bar champagne en début de soirée), et une bonne ambiance à la cool - comprenez par là que les gens ne se la pètent pas trop, même s’ils pourraient. Pour le lancement du roman “En moins bien”, d’Arnaud le Guilcher (dont je suis une fan avouée), le frichti avait eu lieu de jour, un samedi aprem, au Pop Market - vous savez, le nouveau concept-store du canal St Martin. Voilà qui change d’air et donne une certaine pêche.

Bref. Tout ça pour dire que les livres, sous leur aspect moins glam’ qu’une flopée de mannequins cocaïnés arborant les couleurs d’un créateur génial, peuvent aussi provoquer de bonnes occassions de faire la teuf. Que les auteurs, éditeurs et journalistes culture, sont des gens aussi sublimes et névrosés que les stylistes, models et journalistes mode (enfin non, peut-être plus, quand même). Que le Salon du Livre est d’une ambiance festive à se pendre au papier crépon, alors qu’on pourrait en faire un Burning-Man français enflammant chaque année la Porte de Versailles jusqu’à ce que mort festive s’ensuive.

Je lance donc officiellement un appel à tous les éditeurs du monde, pour créer la Bookshion Week. A Paris, Londres, NY et Milan, provoquons l’hystérie avec des lancements de livres encore plus fous que les défilés, enchaînons les nights de maboule ultra selects où les auteurs seront plus mitraillés de flashs que Karl himself, vautrons-nous dans l’orgie de pages déchirées qui colleront à nos corps nus et humides de sueur lorsque l’aube nous surprendra saouls, éperdus d’amour et de littérature.

D’ailleurs moi, qui sors un bouquin en février, j’ai décidé que je ferai une super teuf pour sa parution.
Faudra juste pas que ça tombe pendant la fashion-week, quoi. Je vous tiendrai au courant.

Bonne lecture les jeunes !

*http://stephanemillionediteur.com/

PS qui n’a aucun rapport :  Concernant mon post précédent, j’informe la population qu’hier, après le NY Club, nous sommes de nouveau allés aux Saints Pères. Et, oui, la magie a de nouveau fonctionné (enfin j’imagine, puisque j’ai terminé en gogo danceuse sur le bar). Mais nous avons tout de même, après, fini au Baron. La conclusion est donc : franchement, quand on peut faire les deux, pourquoi choisir …?

Thursday 08.10.2009

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Open your mind

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Je ne sais pas pour vous, mais moi personnellement, côté vie nocturne, je suis Plouc Bourgeoise ascendant Bornée.

Plouc parce que je ne suis absolument pas la fille hype qui connaîtra les places-to-be avant tout le monde (ou alors, c’est grâce à mon métier, donc ça compte pas), Bourgeoise parce que je reste désespérément attachée à des endroits aussi roots et wild que le Baron et ses copains, et que comme je fais souvent des soirées pour le boulot, ça reste hyper chic-branché-canalisé-à-mort. Et bornée parce que même si, pour mon taff, je dois tester tout ce qui bouge (je suis même passée au Club l’Etoile, une fois … lourde épreuve), dès que je sors pour le plaisir, j’atterris au Baron. Variantes : Chacha (because mes copains), Montana (même si c’est insupportable de prétention, mais bon, sur les coups de 3h en semaine, c’est rigolo), ou autres, mais bon, généralement, Baron.
Bref, je suis une fille pleine de surprise, d’inventivité et de fun.
Je me fais peine.
Aussi tenais-je à proclamer à la face du monde - la face du monde lit régulièrement les blogs Saywho, j’en suis sûre - que mercredi soir, grâce à un anonyme que nous appellerons Mathieu D. et qui travaille au Kong (… anonymat parfait), j’ai bousculé mes habitudes, enfourché le pur-sang de la fantaisie et pris mon passeport pour aller dans un club que je ne fréquente jamais. Et vous n’allez pas me croire : j’ai aimé ça. A fond.
Nous étions au Fumoir. Nous avions dîné liquide (c’était un rendez-vous boulot qui avait commencé à l’apéro, c’est pour ça). Autour de nous, des gens se la racontaient à mort en parlant de la fashion-week et ça nous faisait bien ricaner.
Quand soudain il est plus de minuit et nos cerveaux se ramollissent. Mathieu propose qu’on bouge. Originale, je propose le Baron. Inconscient, il répond : “Nan viens on va boire un shot aux Saints-Pères”. Aventureuse, je réponds : “Houmpf mon dieu non, Baron”. Vexant, il répond : “Mais sois un peu open-minded ! Change ! Découvre des trucs !”. Bon. Je n’aime pas qu’on m’accuse d’être close-minded. Ok donc pour un shot aux Saints-Pères. D’autant que j’avais échangé des mails avec Ryan Stark et que ses projets pour l’endroit avaient l’air bien cool. J’ai donc rassemblé tout mon courage et toute mon ouverture d’esprit, et nous y avons passé la nuit.
Et ce fut bien cool.
Avec force stupeur et froncements de sourcils, j’ai découvert que cet endroit était :
1. Petit (je déteste les grands endroits, ça me donne le tournis et ça fait vieille boite ringarde de province ou des 90’s, je déteste vraiment),
2. Mimi (le côté cave voûtée marche très bien sur moi),
3. Bien ambiancé (je n’avais pas entendu autant de vieux tubes de ma jeunesse depuis les soirées d’anniv de mon frère, et Madonna la Religieuse aux Saints Pères, ça fonctionne grave)
4. Bien alcoolisé (shots à la violette, piscines à la violette : je ne veux plus jamais rien boire d’autre que des trucs à la violette)
5. Bien dirigé (Ryan et Quentin en ont derrière les genoux, et en plus ils sont gentils)
6. Bien meublé (cette table basse en bois en guise de podium, c’est intéressant, mes talons l’ont massacrée)
7. Bien fréquenté (bon, les gens s’y connaissaient tous, moi je ne connaissais personne, ça m’a un peu fait bizarre, j’avais envie d’aller me réfugier avenue Marceau pour voir des têtes familières, mais j’ai tenu bon, et à la fin, j’avais tout plein de requests Facebook sympatoches).
7. Bien détendu (je n’ai entendu qu’une seule fois le mot “fashion-week”, et ça pour une plouc comme moi, ça fait plaisir).
A un moment, on s’est retrouvés du côté de chez Gainsbourg dans des conditions un peu spéciales (le club des Saints Pères est à l’angle de la rue de Verneuil). Boire du Ruinart avec d’adorables inconnus à la santé du divin Serge, ça aussi c’est assez bourgeois, mais dieu que c’était bon.

Bref. Toute cette histoire pour dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Or, je suis peut-être plouc, bourgeoise et bornée, mais je ne suis pas une imbécile. Enfin, pas toujours. On m’aide.
Ce soir, pour pousser encore plus loin ma folle ouverture d’esprit aventureuse, je me faire la soirée vintage-rétro de Bart&Baker au Marriott. Carrément. On ne m’arrête plus.
Amen.

Friday 02.10.2009

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